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Culture

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Faisant suite à mon premier ouvrage sur la « forge de Froncles dans l’Histoire, XVIIIème et XIXème siècle » mon second livre sur le XXème siècle est paru.
Quel long chemin pour la forge aujourd’hui filiale du groupe allemand Altenloh Brinck & Co, et les villages de Froncles et Buxières-les-Froncles indissociables creusets d’hommes et de femmes qui l’ont fait vivre depuis si longtemps.
Car l’histoire des Forges de Froncles n’est pas seulement celle de l’entreprise, elle est aussi celle du village et prend son sens dans celle, générale, de la France au cours du siècle écoulé.
L’ouvrage passe ainsi des techniques de fabrications aux transformations des villages, des agitations sociales et politiques aux périodes de paix et de progrès, pour en arriver à la fin du 20ème siècle qui est une ouverture vers la réalité d’aujourd’hui. Les témoignages des anciens forgerons accompagnent le récit, la vie sociale prend une place importante, la forge et le village avancent du même pas.

De leur création au milieu du 18ème siècle jusqu’en 1927 date de leur reprise par la firme Citroën après une faillite en 1923, les Forges ont franchi de nombreux obstacles qui les ont faites avancer dans le monde moderne.

André Citroën tourné vers l’Amérique, rêve de la carrosserie Tout Acier. Cette tôle dont il a besoin et qu’il va chercher à prix d’or au-delà de l’océan, c’est la forge de Froncles devenue filiale qui va lui fournir, elle donnera à Froncles une fois de plus l’assise nécessaire à son évolution. Liée désormais à la grande entreprise qui assure aux Fronclois et villages environnants, du travail, de la sécurité, au creux de son étroite vallée, elle s’imprègne de l’esprit Citroën, s’adapte aux exigences de la carrosserie Tout-Acier. Les forgerons travaillent dur, c’est leur honneur d’homme du fer, ils sont fiers de leur compagnonnage, de leur savoir-faire reconnu par ce grand patron français de réputation mondiale.
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Pourtant, le début des années 1930 n’est pas favorable ; en pleine transformation, sous l’effet de l’onde de choc du crack financier de 1929 et des rêves démesurés d’André Citroën, la forge comme sa maison mère mise en liquidation judiciaire, ferme ses portes. Quand elle les ouvre de nouveau, c’est pour participer à la production de la Traction Avant revisitée par la rigueur de Michelin, puis de la fantastique petite Deux Chevaux.

Mais dans une économie qui se remet difficilement de la dépression, les insatisfactions naissent chez les salariés en souffrance. En 1936, les forgerons manifesteront eux aussi. La victoire du Front Populaire sera également la leur ; ils n’ont  pas non plus ignoré le mouvement de protestation politique contre le fascisme.

Bousculée par la guerre, la forge continue de fonctionner pour répondre aux exigences des Allemands avec un effectif désorganisé par la mobilisation, les départs au STO, les arrestations politiques. La Libération lui donne dans le cadre des plans de reconstruction et de l’aide américaine, la possibilité de spécialiser sa fabrication de tôle avec l’installation d’un laminoir quarto réversible à froid qui remplace les laminoirs à chaud. Les changements dans le personnel consécutifs à cette modernisation, marqués par des licenciements, des baisses de salaire et de qualification, provoquent une grève d’un mois et demi dont la répercussion sera nationale.
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La paix sociale revenue, pour répondre aux besoins de décentralisation de Citroën hors de la capitale et compenser les emplois perdus, les années 1960 s’ouvrent sur l’arrivée à Froncles de nouvelles fabrications venant occuper l’espace laissé par l’arrêt des laminoirs à chaud. Parallèlement à la tôle, Froncles apprend à travailler le fil d’acier et à fabriquer de la visserie-boulonnerie qui va lui ouvrir l’avenir sur une autre spécialisation celle des pièces spéciales pour automobile.

Quand le laminoir quarto et ses annexes arrivés à bout de souffle dans un contexte de bouleversement sidérurgique européen furent jugés inadaptés, le laminage de la tôle grâce auquel les deux villages de Froncles et Buxières-les-Froncles se sont développés pendant plus de deux siècles et demi et dont a profité tout un bassin d’emploi, s’arrête fin 1990.

Restaient les pièces automobiles qui jusqu’alors avaient surtout concerné Citroën et Peugeot, et pour lesquelles afin de survivre il fallait avoir les moyens d’investir, d’atteindre un niveau concurrentiel, de gagner d’autres clients sur le marché européen.

Cela fut fait au prix d’importantes pertes d’emplois et d’efforts en terme de qualité. La forge a continué de se maintenir acquérant un potentiel qui lui a permis de ne jamais perdre pied.

Aujourd’hui, filiale d’Altenloh, elle a atteint son objectif d’être présente au cœur de l’Europe.


Un grand merci à Mme Monique CARDOT qui a réalisé un travail exceptionnel et remarquablement précis sur l’histoire des Forges, indissociable de la vie de notre Commune.            
Dr Patrice VOIRIN


 
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